Bernadette

      Une pensée pour sainte Bernadette

      Depuis son plus jeune age, Nono rêvait secrètement de posséder une chèvre. Le jour de ses 21 ans, ses amis lui firent la plus belle surprise de sa vie, ils lui offrirent une chèvre qui répondait au doux prénom de Bernadette, dit « Dedette » pour les intimes. Fabrice Enfrein l’avait sélectionné parmi une multitude de prétendantes, elle venait d’avoir deux ans et arrivait tout droit de Bel-air.  

       Les premières semaines de cohabitation ne furent pas simples, Bernadette n’acceptait pas la nouvelle vie qu’on lui imposait et pensait qu’à une seule chose, revoir sa ferme de Bel-air. Plusieurs fois, elle tenta de s’échapper mais c’était sans compter sur la vigilance de Nono qui finissait toujours par la récupérer, au cours de rodéo parfois spectaculaire. Après de multiple tentative, elle finit par accepter son sort et se dit que finalement elle n’était pas si malheureuse, beaucoup de chèvres auraient enviées sa situation. Elle bénéficiât d’un large espace vert et d’une habitation individuelle. Tous les ans, contre deux bouteilles d’apéritifs de coings, elle recevait une botte de foin provenant du Gaec de La Roussière et lorsqu’elle était sage elle pouvait même manger des granulés.

        Les années passèrent et la complicité entre Nono et Dedette ne cessait de s’améliorer, le matin avant de partir travailler il ne manquait pas d’aller la voir et le soir, il traînait beaucoup moins dans les caves prétextant qu’il devait rentrer en lançant son fameux «  j’ai pas rentrer ma beuque ». Bref, tout allait pour le mieux, jusqu’au jour ou un piètre animal fit son apparition, il s’agissait d’Arthur un bouc nain dépourvu d’intérêt et qui dégageait une odeur à faire fuir un  putois. Dedette tolérait cet étrange animal mais préférait garder ses distances, curieusement, Nono s’intéressa à lui et ensemble, ils pratiquaient un mystérieux rituel dont eux seuls connaissaient la signification. Heureusement, Arthur ne séjourna pas longtemps à La Gatelière et la vie repris son cours normal.

         Un Dimanche matin de Mars, alors qu’il bricolait tranquillement dans son écurie, Nono fut dérangé par un cycliste, au bord de la déshydratation. Bon gars, Nono stoppa son activité et lui offrit trois verres de rosé. Requinqué par ce breuvage, le sportif renfila sa monture et repris la route, en signe de reconnaissance envers son ravitailleur, il lui proposa de le suivre jusqu’aux Ailes afin d’y déguster son apéro de coing. Nono acceptas l’offrande sans hésiter et dans l’excitation de cette proposition, il commis une erreur lourde de conséquence, il laissa le portail de l’écurie ouvert. Dedette remarqua le grand sac de farine à poulets qu’elle avait déjà reluqué plusieurs fois dans l’écurie, elle profita de la situation pour s’en approcher. Dedette, plus très lucide et fatigué par le poids des années ne maîtrisait plus vraiment son alimentation et elle se gava de cette délicieuse pension.

        Le lendemain Régis fut surpris de ne pas la voir brouter l’herbe, il décida d’aller voir dans sa cabane s’assurer que tout allait bien. Et la ! Il la découvrit étendue sur le sol, elle venait de faire une overdose de farine. Aujourd’hui, Dedette n’est plus des nôtres, elle sera probablement remplacée mais elle restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’on connu… Tchao Dedette !!!

 

 

 

 

 

 

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